Le droit du travail en France est une matière éminemment complexe. Les professionnels de la loi doivent être systématiquement au courant des évolutions et des transformations des textes. On a coutume de dire que le droit du travail est un droit « vivant ». Chaque nouveau président ou gouvernement arrive avec des reformes qui vont impacter les règles du contrat de travail: cela a été le cas à la mise en place des 35 heures en 1997,à la défiscalisation des heures supplémentaires en 2007 et à la loi Travail simplifiant les relations sociales en 2017, par exemple.

Cette complexité des règlementations – le code du travail en France dépasse les 1200 pages, quand il en fait 150 en Suisse – nécessite une expertise et une mise à jour permanente pour les avocats en charge de le traiter. De surcroit, l’avocat en droit du travail est souvent à la frontière de plusieurs disciplines: le code du travail à proprement parler, mais aussi le droit de la sécurité sociale et la fiscalité, qui se mêlent souvent dans les contentieux et les négociations d’accords. Un métier complexe et passionnant, un partenaire indispensable pour naviguer dans le monde du travail.

Comment devient-on avocat en droit du travail ?

Bien évidemment, pour s’engager dans cette profession, il faut incontestablement avoir le gout pour le droit, pour les textes et avoir l’empathie pour s’occuper et résoudre les problèmes des autres. Les études sont assez exigeantes, et il faut obtenir le C.A.P.A, diplôme que l’on obtient après 18 mois de formation. Lors du premier semestre sont enseignées les bases du métier lui-même, le deuxième traite de projets individuels et le dernier concerne le stage professionnel ou l’étudiant va se confronter au vraies réalités du métier d’avocat.

Au préalable, il faut avoir obtenu un bac+4 en Droit, au minimum. Les centres de formation pour ce concours sont très sélectifs, et il est préférable d’avoir obtenu un bac+5 pour prétendre au C.A.P.A. Une préparation privée appelée Institut des Etudes Judiciaires est aussi une voie d’accès. En somme, il faut beaucoup d’années d’études pour prétendre à ce métier. Une fois ce diplôme obtenu, on prête serment auprès du Barreau pour devenir officiellement avocat.

L’avocat en droit du travail : missions et responsabilités

L’avocat en droit du travail peut exercer son métier en appui à des salariés ou bien travailler pour un employeur. Il existe beaucoup d’avocats de formation qui travaillent comme juristes d’entreprise, ou membres de Direction de Ressources Humaines. Ils peuvent ainsi conseiller les patrons ou les directions de ressources humaines sur les décisions à prendre, les projets à mener ou les litiges à résoudre. Par exemple, les entreprises de plus de 50 salariés doivent avoir un comité social et économique (CSE) composé de représentants du personnel, qui doit être consulté et informé régulièrement de la marche de l’entreprise, de la stratégie, des projets, des résultats etc…

Dans les sociétés importantes, il y a des enjeux de dialogue social, de négociation avec les partenaires sociaux qui requièrent de solides compétences en droit du travail. Certains cabinets d’avocats conseillent des employeurs de façon récurrente, en travaillant au forfait pour eux, ou au coup par coup, sur des missions très précises. L’autre façon d’exercer ce métier est de défendre des salariés, lors de litiges ou de contentieux qu’ils peuvent rencontrer avec l’entreprise. Dans ce cas, ils vont prendre connaissance des éléments, de l’objet du conflit (très souvent une rupture du contrat de travail), et vont documenter une proposition pour contrer l’employeur. cela pourra se traiter à l’amiable, ou bien, s’il n’y a pas de négociation possible, devant la juridiction traitant du droit du travail, à savoir le Conseil de prud’hommes.

L’avocat en droit du travail : comment exerce-t-il son métier ?

L’avocat en droit du travail peut être salarié: c’est le cas s’il exerce comme juriste dans une entreprise ou s’il est avocat-salarié d’un cabinet. Mais le plus souvent les membres de cette profession sont des indépendants, qui peuvent être affiliés à un cabinet ou être à leur compte. Il est amené à prodiguer des conseils aux responsables d’entreprises, à rédiger des contrats et des accords collectifs.

Il peut aussi conseiller l’entreprise en matière de relations avec les syndicats, et rappeler les droits et devoirs des uns et des autres en la matière. Temps de travail, rémunération, protection sociale, négociation collective, voilà quelles sont les activités principales d’un avocat d’entreprise. Lorsqu’il défend des salariés, l’avocat va étudier beaucoup de pièces, se faire une opinion des meilleurs arguments à mettre en avant, il va consulter la jurisprudence afin de préparer la défense de son client. Les salariés sont statistiquement ceux qui gagnent le plus devant le Conseil de Prud’hommes.

La réputation et le bouche à oreille font beaucoup pour faire connaitre un avocat et le recommander. C’est une profession très recherchée, qui ne connait pas la crise.